Chapitre v : évangélisateurs avec l’Esprit Saint
Evangélisateurs avec l’Esprit veut dire évangélisateurs qui s’ouvrent sans crainte à l’action de l’Esprit Saint. Qui infusent la force pour annoncer la bonne nouveauté de l’Evangile avec audace, à voix haute, en tout lieu, en tout temps, tout lieu même à contre-courant.
MOTIVATION POUR UNE IMPULSION MISSIONNAIRE RENOUVELEE.
Evangéliser avec l’Esprit implique des évangélisateurs qui prient et travaillent. “L’Eglise ne peut vivre sans le poumon de la prière ». Sans des moments prolongés d’adoration, de rencontres priantes avec la Parole, dans un dialogue sincère avec le Seigneur, la tâche se vide facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint. Comme à la Pentecôte, c’est l’Esprit qui donne l’audace pour annoncer l’Évangile. Le pape rappelle que l’évangélisation n’est pas d’abord des tâches à accomplir mais c’est l’Esprit Saint qui évangélise à travers nous.
Il a dit « aussi aucune motivation ne sera suffisante si ne brûle dans les cœurs le feu de l’Esprit ». N° 261
- a) La rencontre personnelle avec l’amour de Jésus qui nous sauve
* La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus.
* Nécessaire de prendre le temps de demander dans la prière qu’Il vienne nous séduire.
* Motivation pour se décider à communiquer l’Evangile : Contempler avec amour, s’attacher à sa Parole et la lire avec le cœur.
* Véritable missionnaire = qui ne cesse d’être disciple : Unis à Jésus, cherchons ce qu’il cherche et aimons ce qu’il aime. Pour le pape, il est « urgent de retrouver un esprit contemplatif » (n° 264). Celui qui se laisse toucher par l’amour de Jésus et l’expérience d’être sauvé par lui ne peut pas garder cela pour lui. En contemplant toute la vie de Jésus, nous trouverons alors combien l’Évangile « répond aux nécessités les plus profondes des personnes » (n° 265). Il est essentiel de vivre l’amitié avec Jésus qui nous apprend l’amour fraternel. Nous avons toujours à « goûter » l’amitié avec le Christ et son message
- b) Plaisir spirituel d’être un peuple.
* La parole de Dieu nous invite à connaître que nous sommes un peuple.
* Dans notre relation avec le monde, nous sommes invités à rendre compte de notre espérance mais non pas comme des ennemis qui montrent du doigt et condamnent.
* Chaque fois que nos yeux s’ouvrent pour reconnaître le prochain, notre foi s’illumine davantage pour Dieu.
* Seul celui qui se sent porté à chercher le bien du prochain et désire le bonheur des autres, peut être missionnaire.
* Si nous réussissons à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don de Dieu. Nous ne sommes jamais des individus isolés mais un peuple. Nous devons avoir le goût spirituel d’être proche des gens. « La mission est une passion pour Jésus mais, en même temps, une passion pour son peuple » (n° 268). Pour cela, nous devons prendre le temps de contempler Jésus Crucifié. Contemplant son amour livré, peu à peu notre regard s’élargit vers tout son peuple. Le pape évoque rapidement quelques aspects de cette proximité de Jésus avec les gens qu’il rencontrait. « Jésus même est le modèle de ce choix évangélique qui nous introduit au cœur du peuple » (n° 269). Cette proximité avec les gens nourrit notre vie spirituelle, elle dilate « notre être intérieur pour recevoir les plus beaux dons du Seigneur » (n° 272) et elle nous permet de découvrir quelque chose de nouveau sur Dieu. Un missionnaire pleinement dévoué, expérimente dans son travail le plaisir d’être une source, qui déborde et rafraîchit les autres.
Pape Benoit XVI affirme que fermer les yeux sur son prochain rend aveugle aussi devant Dieu.
C°) l’action mystérieuse du ressuscité et de son Esprit.
* Jésus Christ a vaincu le péché et la mort et Il est plein de puissance.
* Le Christ ressuscité et glorieux est la source profonde de notre espérance son aide ne nous manquera pas dans l’accomplissement de la mission qu’Il nous confie.
* La résurrection a une force de vie qui a pénétré le monde.
* La résurrection du Christ produit partout les germes de ce monde nouveau.
* Pour maintenir vive l’ardeur missionnaire, il faut une confiance ferme en l’Esprit Saint car c’est Lui qui vient au secours de notre faiblesse. La persistance de la laideur n’empêchera pas le bien de s’épanouir et de se répandre toujours. Chaque jour, dans le monde renaît la beauté, qui ressuscite transformée par les drames de l’histoire. N° 276. Sa résurrection est force de vie que rien n’arrête, ni les difficultés, ni l’échec. Nous avons toujours à croire aux fruits, même s’ils paraissent minimes. S’il peut arriver qu’on baisse les bras momentanément, rien ne justifie qu’on les baisse définitivement .
Dans ce cas, « le cœur se lasse de lutter, car, au final, la personne se cherche elle-même à travers un carriérisme assoiffé de reconnaissances, d’applaudissements, de récompenses, de fonctions » (n° 277). Le pape conclut alors : « la résurrection lui manque »
- d) La force missionnaire de l’intercession
* La prière d’intercession ne nous éloigne pas de la véritable contemplation, sinon c’est un mensonge.
* Un évangélisateur sort de sa prière, son cœur est devenu plus généreux, il s’est libéré de l’isolement et il désire faire le bien et partage la vie avec les autres.
* L’intercession est comme du levain au sein de la Trinité. C’est pénétrer dans le Père et y découvrir de nouvelles dimensions qui illuminent les situations concrètes et les changent. Le pape insiste sur la prière d’action de grâce et sur l’intercession qui « émeut le cœur de Dieu » (n° 283), ou plus précisément, « ce que nous sommes capables d’obtenir par notre intercession c’est la manifestation, avec une plus grande clarté, de sa puissance, de son amour et de sa loyauté au sein de son peuple »
- B) MARIE MERE DE L’EGLISE.
Elle est la Mère de l’Eglise évangélisatrice. Sans elle nous n’arrivons pas à comprendre pleinement l’esprit de la nouvelle évangélisation. Elle était avec les disciples pour l’invoquer.
a ) Le don de Jésus à son peuple.
Marie est le don de Jésus pour son peuple.
Sur la croix, quand Jésus souffrait dans sa chair la dramatique rencontre entre le péché du monde et la miséricorde divine, il a pu voir à ses pieds la présence consolatrice de sa Mère et de son ami.
Avant de proclamer l’œuvre que le Père Lui a confiée, Jésus dit à Marie: femme, voici ton fils et puis Il dit à l’ami bien aimé, voici ta Mère. Jésus a donné sa mère à son peuple, « car il ne veut pas que nous marchions sans une mère » (n° 285). Il rappelle alors l’intime connexion entre Marie, l’Église et chaque fidèle. A partir de ce qu’a vécu Marie aux côtés de son fils, le pape nous rappelle qu’elle est « signe d’espérance pour les peuples qui souffrent les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que naisse la justice » (n° 286). Proche de nous, elle marche avec nous et nous accompagne dans notre vie
- b) L’Etoile de la nouvelle Evangélisation.
* Marie est la femme de la foi qui vit et marche sous la mouvance de l’Esprit Saint.
Elle, en qui nous avons confiance est notre modèle d’humilité, d’amour des pauvres et surtout de l’évangélisation là où Jésus nous envoie à tous les moments.
* Nous sommes invités à partager la joie de l’Evangile dans le monde entier, là où nous sommes, à tous et surtout aux pauvres. En elle, nous voyons que l’humilité et la tendresse ne sont pas les vertus des faibles, mais des forts. n° 288.